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Pas toujours facile pour les médias d’analyser l’actualité. Car les journalistes sont

souvent obligés de réagir en urgence sans avoir le recul nécessaire alors que les experts, appelés à la rescousse, sont parfois enfermés dans leurs compétences.

Pour tenter de proposer un autre regard, Jean-Noël Dumont, philosophe,

et Philippe Brunet-Lecomte, journaliste, ont décidé de relever le défi. En proposant

chaque mois à Lyon, un moment de réflexion sur un sujet qui domine l’actualité 

sous forme d’un entretien, questions-réponses, avec une personnalité.

Pas de la philosophie pure et dure à la grecque. Mais de la distance,  un peu de "sagesse" et

de "savoir". Avec une exigence : savoir écouter ceux avec qui on est pas d'accord. 

Education Nationale, Ukraine, Europe, immigration, dette française, culture... 

Du préfet Didier Leschi  au juriste Gilles Martin-Genier, en passant par les journalistes Jean-Marc Daniel  ou Mohamed Sifaoui... Ils se sont déjà exprimés devant Philo Décrypte. Des interventions publiques suivies d’un débat qui se déroulent le jeudi entre 12h30 et 14h. Enregistrées et rediffusées en podcast.

Si vous avez en tête un sujet à traiter ou une personnalité à inviter, faites vos suggestions sur l'onglet contact ou sur p.brunetlecomte@gmail.com

  Quel avenir

 pour l’Iran ?  

 

Philo Décrypte 

invite jeudi 23 avril

Fariba Adelkhah

 

Incarcérée pendant deux ans 

à la terrible prison d’Evin de Téhéran

Anthropologue franco-iranienne

Docteur en sciences sociales

à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

avec une thèse sur «La révolution sous le voile»

Directrice de recherche au CERI

de la Fondation de Sciences Po Paris

Auteur de nombreux travaux et publications 

sur l’Iran et l’Afghanistan,

les femmes, la famille, les minorités, les mobilités…

Traductrice de poésie française en persan

 

Arrêtée en 2019 par les gardiens de la Révolution

elle est accusée d’espionnage

et condamnée à cinq ans d’emprisonnement

Libérée après une grève de la faim 

et une mobilisation internationale

elle est à nouveau emprisonnée jusqu’en 2023

Réfugiée en France, elle témoigne de l’enfer qu’elle vécu 

en publiant «Prisonnière à Téhéran»

 

 Jeudi 23 avril 12h30-14h30 au Collège Hôtel, 

5 place Saint-Paul Lyon 5ème

En savoir plus et inscriptions:

www.philo-decrypte.com

ou p.brunetlecomte@gmail.com

Participation libre aux frais
https://www.onparticipe.fr/c/Rb9R66YQ

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Fariba Adelkhah, anthropologue franco-iranienne

auteur de "Prisonnière à Téhéran"

Mille et une questions

sur un Iran compliqué

 

Alors que le monde observe avec inquiétude cette guerre déclarée

par Donald Trump contre l’Iran, Philo Décrypte invite le 23 avril

Fariba Adelkhah une universitaire et chercheuse franco-iranienne

qui dans un livre étonnant «Prisonnière en Iran»

raconte sa détention mais au delà porte un regard alternatif

sur ce pays et ce peuple souvent caricaturé. 

 

Elle a passé plus de deux ans dans la fameuse prison où sont enfermés des milliers de prisonniers politiques par la République Islamique. Evin, réputation terrible. Et on s’attend à un récit terrible : Interrogatoires, tortures, exécutions… Mais surprise, on a droit à un regard paisible et distancié. Captivant mais tout sauf dans l’émotion et la colère.

«Prisonnière à Téhéran» c’est une écriture d’abord. Simple, sans effet, factuelle, toute en précisions. Une vingtaine de séquences qui racontent chaque fois un épisode de sa vie quotidienne en captivité. 

Dès les premières pages on est surpris. Quand elle réclame discrètement à une gardienne quelques pruneaux qu’elle va obtenir, «divine surprise». Et quand, chapitre suivant, elle avoue passer ses journées à lire le Coran, ce qui lui rappelle son enfance. Puis c’est une rencontre avec une belle détenue qui la fascine, Sepideh. Avant d’évoquer ces dangereuses «hirondelles» qui virevoltent au-dessus de leur cibles pour les piéger. Ou ces fleurs, roses, narcisses et géraniums, qu’on cultive dans la cour, mais aussi la clinique où un des médecins ironise en avouant qu’il est le seul «coupable» face à toutes ces «innocentes» ! 

Et on se laisse captiver par ce récit totalement à contre pied où on découvre toute l’humanité de cette sinistre bastille :  les visites des familles, l’obsession hygiéniste qui impose une propreté radicale des cellules et des vêtements, l’épicerie où on commande avec sa carte de crédit des produits de beauté, des fruits voire des livres, les repas où rivalisent certaines cuisinières, gâteaux notamment, les projections de films ou les séries qu’on regarde sur ordinateur, la bibliothèque et ses livres décalés, les fêtes où on danse et chante….

On découvre alors toute la diversité de ces prisonnières politiques enfermées à Evin : royalistes,  étudiantes activistes, dissidentes chiites, kurdes, écologistes, gauchistes… Et parmi elles, la fille d’un ancien président ! Une véritable mosaïque d’origines, de convictions et de traditions. Des rivalités, des conflits bien sûr entre toutes ces femmes d’âge, de formation et d’origine sociale sociale très différentes. Mais au delà, une incroyable solidarité. 

Une enquête exceptionnelle dans ce redoutable pénitencier 

 

Parfois on pourrait avoir l’impression d’une certaine complaisance vis à vis de cette dictature impitoyable. Mais non car ce témoignage souligne que Fariba Adelkhah est tout sauf une militante. Mais une scientifique qui revendique une liberté d’esprit. 

D’ailleurs elle n’a jamais hésité à s’engager au cours de sa détention : grève de la faim, signature d’une pétition, protestations… Elle a même été élue déléguée par ses camarades pour les représenter auprès de l’administration pénitentiaire. Fariba s’impose aussi par sa voix superbe de chanteuse qu’on peut d’ailleurs découvrir sur un replay de France Culture. 

De plus cette distance ne l’empêche pas de mettre en lumière toutes les contractions du système. Entre les Gardiens de la révolution, l’administration pénitentiaire, les services de renseignements, la justice… Même si cette universitaire évoque à peine pourquoi elle se retrouve là. Arrêtée le 5 juin 2009 à l’aéroport de Téhéran, accusée d’espionnage, à l’isolement pendant des mois, condamnée à 5 ans de prison, puis libérée, assignée à résidence avec bracelet, renvoyée à Evin….  Avant d’être graciée le 10 février 2023. Et revenir en France huit mois plus tard. Mais elle ne pleure pas sur son sort. Elle va même jusqu’à reconnaître que cette détention la «libère d’autres enfermements». Tout juste si elle ne se félicite pas d’avoir eu l’occasion unique de mener une enquête exceptionnelle dans ce redoutable pénitencier qui ne lui aurait jamais ouvert ses portes sans cette condamnation surréaliste. 

 

Fariba Adelkhah signe tous les documents qu’on lui présente. Et juge tranquillement les mensonges et les manipulations de tous ses fonctionnaires chargés d’instruire son dossier : perquisitions, interrogatoires, procès verbaux…. Mais aussi cette règlementation très stricte qu’en prison on interprète et contourne avec, parfois, la complicité des autorités.

Tout sauf une militante mais une exigence de vérité de cette anthropologue qui observe le moindre détail dans cet univers carcéral. Comprendre plutôt que dénoncer cet I’Iran souvent caricaturé. 

«Une société se juge à l’état de ses prisons» soulignait Albert Camus. A travers ce témoignage celle d’Evin révèle toute la complexité de la société iranienne. 

Un horizon plus pour tenter de dessiner l'avenir

 

Un témoignage qui suggère mille et une questions. D’autant que Fariba Adklekhah n’a jamais rompu avec son pays natal. Malgré ses études en France et son engagement dans la recherche universitaire. Au contraire, devenue anthropologue après un doctorat et une thèse qui débouchera sur un livre remarqué, «La révolution sous le voile», elle ne cessera jamais d’enquêter sur le terrain en Iran. Sur les femmes, les religieux, les minorités…

D’où cette question «simple» posée par Philo Décrypte : quel avenir pour l’Iran ?  Alors que 

Donald Trump piégé par sa guerre sans boussole, a promis à cet Iran de «revenir à l’âge de pierre» avant d’être prêt à tout pour obtenir un cessez-le-feu.

Et d’abord comment la population a réagi à ces bombardements ? 

Y a-t-il un consensus populaire ? La détestation des mollahs ? Des Etats Unis et l’Occident ? De la modernité et de la démocratie ? Des arabes et du sunnisme ?

Et quelle est la crédibilité, l’autorité de cette République islamique ? Ses soutiens, ses oppositions ? Mais surtout quel est le véritable visage de cet Iran ? Y a une véritable identité perse qui continue à s’imposer ? Et un rêve de reconstituer cet empire ? L’importance des minorités ? Kurdes, Azéris, Arabes, Baloutches, Chrétiens… Et comment, par exemple, expliquer la présence d’une communauté juive dans cet Iran des mollahs qui affiche sa volonté de détruire l’Etat d’Israël ? 

Les différentes sensibilités politiques et leur poids au sein de cette République islamique ? Des réformateurs aux plus conservateurs. Et au sein même du chiisme iranien, l’influence des plus réactionnaires et des plus libéraux ?

Questions qui souvent provoquent des réponses simplistes mais qui avec Fariba Adlekhah vont ouvrir un horizon plus large pour tenter de dessiner l’avenir de cet Iran assiégé, dévasté mais toujours muselé.  

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Podcasts

​Chaque séquence de Philo Décrypte est enregistré pour réaliser un podcast que vous pouvez écouter en cliquant sur l’onglet podcast.

​Le rôle du religieux dans un monde au bord de l'explosion ?

Une intervention remarquable de Jean-François Colosimo, historien des religions, qui prêche son évangile géopolitique

sur les chaines d'info. Et qui parle clair

mais surtout voit loin. Il analyse ce rejet

de l'Occident. En soulignant  «l'ADN des peuples» est piétiné par la modernité.

Et pris en otage par des autocrates sans état d’âme. Alors que les démocraties souvent aveugles manquent de courage.

Mais il explique pourquoi il y a encore

un espoir.

                                                            Mars 2026

Fallait-il organiser un "Nuremberg" du communisme ? 

Oui, pour Thierry Wolton. Une occasion manquée après la chute du mur de Berlin.
Issu de la gauche, journaliste à Libération, époque Jean-Paul Sartre, il a été un des premiers à enquêter derrière le rideau de fer en interrogeant les dissidents. Et il a consacré sa vie à dénoncer ce système, cette idéologie

​                                                      Février 2026

Qui est vraiment Marine Le Pen ?

Par Guillaume Hannezo, énarque-normalien, conseiller économique de François Mitterrand à L'Elysée et auteur d'une dystopie surprenante "Marine Le Pen

présidente"   

                                                        Janvier 2026

 

Pourquoi tant de haine ? 

Réponse de Patrick Lemoine

psychiatre et docteur en neuroscience,

spécialiste du sommeil, 

qui a exercé d'importantes responsabilités

hospitalière et enseigné dans de nombreuses université dont Stanford

Expert auprès des tribunaux...

Auteur d'une quarantaine d'ouvrages

dont le prochain à paraitre sur l'intelligence animale. Une intervention passionnante ! 

                                               Novembre 2025

 

Ce que révèle

l'impasse des retraites 

Réponse de Jean-Paul Delevoye,

ancien Haut commissaire aux retraites

et défenseur de la retraite à points. 

Il parle pour la première fois

depuis sa démission en pointant

derrière cet échec la crise profonde

qui secoue l'univers politique. Et il dresse des perspectives pour une vraie réforme.

                                               Novembre 2025

Qu'est-ce qu'être juif ?

Réponse de l'historienne 

Sylvie-Anne Goldberg, chercheuse et universitaire, auteur de nombreux

ouvrages référence dont "Histoire juive

de la France" et "Dictionnaire encyclopédique du judaïsme".

Un esprit ouvert pour une réflexion

toute en finesse et profondeur. 

                                                     Octobre 2025

Un regard russe 

sur la guerre en Ukraine

Après 27 ans à Paris Match,

Régis Le Sommier, grand reporter

a rejoint Russia Today avant de fonder

le site Omerta pour qui il a  couvert

ce conflit coté ukrainien et coté russe.

Chroniqueur à CNews, Europe 1

et au JDD. Un témoignage

très alternatif ! 

                                                Septembre 2025

Faut-il déclarer

la guerre à l'Algérie ?

Pour répondre à cette question sensible, Piette Vermeren, normalien agrégé d'histoire, spécialiste des pays arabes

où il a vécu pendant une dizaine d'années.

Un  regard alternatif et argumenté

alors que les relations franco-algériennes sont dans l'impasse. 

                                                           Juin 2025

Faut-il avoir peur

de Donald Trump ?

Pour répondre Anne Toulouse, une journaliste franco-américaine qui a

écrit trois livres sur Trump,

dont le dernier «L’art de Trumper». 

Un regard original sur le phénomène Trump. Tout sauf politique,

encore moins moral. Mais libre.

Très américain au fond.

 Mai 2025 

A quoi servent

les services secrets ? 

C’est la question posée par Philo Décrypte

à Jean Guisnel un des rares journalistes

qui connait bien cet univers qu’il explore depuis près d’un demi siècle

pour Libération puis le Point. 

Alors nuls ces James Bond français ?

Non répond cet expert qui raconte les ratages mais aussi les réussites

dont on ne parle jamais. 

Du vécu et en plus c’est réfléchi.

                                                             Avril 2925

Où va la gauche ?

par François Bazin ancien rédacteur en chef du Nouvel Obs et auteur du "Parrain Rouge" sur Pierre Lambert, le gourou du trotskisme qui a formé de nombreuses figures de la gauche et infiltré partis, syndicats et associations de cette famille politique en la radicalisant.

                                                      Mars 2025

A quoi sert l'armée française ?

par Guillaume Ancel, 20 ans sous les drapeaux, aujourd’hui chroniqueur militaire sur France Info et France 5,

il répond en dressant un état des lieux inquiétant et en proposant une solution audacieuse...

                                                       Février 2025

Le nouveau SOS de Julien Dray

Fondateur de SOS Racisme, Julien Dray parle du courage et politique.

Le jour du refus PS de censurer

le gouvernement Bayrou.

Alors qu’il vient de publier un livre sévère sur Jean-Luc Mélenchon. Une analyse brillante, ponctuée d’anecdotes surprenantes de ce "Baron Noir"

très actif dans les coulisses

de cette gauche en crise. 

                                                     Janvier 2025

 

Narcotrafic de plus en plus violent

et de plus en plus tentaculaire

par Jean-Michel Décugis, grand reporter au Parisien, 30 ans d'enquête sur le terrain. auteur de "Tueurs à gages".

Il raconte. Des témoignages étonnants et un diagnostic inquiétant  

                                               Décembre 2024 

 

 Justice et politique

par François Falletti, ancien procureur

général de Lyon, Aix et Paris qui analyse

les relations compliquées entre ces deux univers. En évoquant le procès

de Marine Le Pen.

                                                   Novembre 2024​​​​​​​​​​​​​​​​

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Les démocraties

sont-elles condamnées ?

 

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur la démocratie,

la sociologue Dominique Schnapper a accepté un entretien

avec Philo Décrypte assez magistral. Mais un véritable cri d’alarme

pointant les extrémismes qui menacent

«le système politique le plus humain que la modernité a inventé». 

Quatre mousquetaires en ouverture de ces «Désillusions» : Platon, Aristote, Montesquieu et Tocqueville pour défendre la liberté et l’égalité contre les «excès». Alors la démocratie qui repose sur ces deux «piliers» est aujourd’hui tellement fragile qu’elle semble condamnée par les radicalités qui montent dans les opinions, là où elle est née pour conquérir le monde : son berceau européen. Et difficile d’être optimiste en refermant ce livre. Difficile même de ne pas    avouer qu’on est dans une impasse, sans issue à moins d’un sursaut. 

Un mot d’abord, sur le style de ces 273 pages. Simple et clair pour un sujet lourd et complexe. Un signe déjà que cette sociologue ne parle pas simplement pour sa chapelle. Logique vu l’importance de cette question qui doit interpeller tous les citoyens. 

​                                 

D’ailleurs, le sens des mots est, pour elle, une exigence préalable avant de plonger au coeur d’une réflexion sans tabou.  Un mot clef d’abord, citoyenneté justement qu’elle définit comme la conscience d’appartenir à une «collectivité historique». Pas simplement une identité : langue, religion, territoire, ethnie…. Ni une «uniformisation» mais «un enracinement» qui au lieu d’enfermer permet de reconnaitre la diversité et de la «transcender» dans l’universalité. C’est toute la modernité de cette citoyenneté qui libère mais qui impose de reconnaître l’autre. 

C’est aussi l’enjeu pour cette «utopie» confrontée à la réalité. Comment ça peut marcher ? Démocratie représentative répond celle qui a été membre du Conseil Constitutionnel, en précisant que c’est «la seule forme de démocratie qui ait subi l’expérience de l’histoire». Ce qui permet une délégation d’autorité pour dégager non pas un consensus mais une majorité qui respecte les minorités. Minorités dont la tentation est souvent de contester cette démocratie jugée formelle. En exigeant toujours plus de liberté et d’égalité. 

                         Un égalitarisme «destructeur des singularités»

Y compris en piétinant les réalités. Exemple, le fameux 13-7-3 que Dominique Schnapper oppose à tous ceux qui disent qu’en France, les inégalités sont de-plus-en-plus-fortes. Or sur la base d’une étude de l’INSEE, elle souligne que les revenus des 10% les plus riches sont 13 fois plus élevés que les revenus des 10% les plus pauvres. Mais cet écart est ramené à 7 si on prend en compte les aides sociales et à 3 en valorisant les services publics.  Ce qu’elle appelle des «tensions entre ambition de l’égalité et réalité des différences». Tensions d’autant plus fortes que «c’est quand les égalités diminuent qu’elles deviennent de plus en plus insupportables». D’où cette «passion égalitaire» qui conduit à nier que « les hommes n’ont pas tous les même capacités physiques, intellectuelles…» Avec en perspective, le risque majeur que cet égalitarisme soit «destructeur des singularités». 

 

Une analyse méthodique où perce une inquiétude déclinée tout au long de cet ouvrage : les contestations de la démocratie sont de plus en plus radicales. D’autant plus qu’elle peuvent s’exprimer librement ! Ses détracteurs n’acceptant pas les «limites» nécessaires dans une démocratie «réglée» c’est à dire structurée autour de règles communes et acceptées. Ce qui génère «des indignations à la moindre contrainte»  Une démocratie «extrême» qui affaiblit la démocratie et menace même son existence.

Les signes de cette «démocratie affaiblie» ? Baisse de la participation aux élections, contestation de leurs résultats, polarisation des débats, appels à la rue doublés d’une certaine indulgence pour la violence alors que la légalité n’est plus automatiquement légitime et que se développe une démocratie d’opinion avec multiplication des sondages… Résultat : «le différent politique fait place à la haine». Couronné par l’émergence d’un «relativisme culturel» affirmant que la démocratie n’est qu’une invention occidentale surtout portée par «une supériorité technique». Une critique de la démocratie elle même et non plus simplement de ses dysfonctionnements 

Exemples à l’appui, elle pointe cette «dérive» woke contre toutes les injustices : race, genre, sexualité… Pour promouvoir «une victimisation» générale. De la compagnie Luftansa qui proscrit les «mesdames et messieurs» aux physiciens qui refusent de nommer les «trous noirs». Avant d’insister «tous les blancs ne sont pas racistes, tous les hommes ne sont pas dominateurs…» Drapeau de cette cette croisade contemporaine : «le privilège blanc» dénoncé comme «le péché originel». Avec sur le banc des accusés cette colonisation à l’origine de tout. Pourtant, souligne Dominique Schnapper, cette colonisation n’est pas vraiment un particularisme européen : colonialisme japonais en Asie, colonialisme arabe en Afrique… Mais inscrite en profondeur dans l’histoire de l’humanité. 

 

Cette exigence toujours plus forte d’égalité conduit à une remise en cause du mérite et des singularités pouvant déboucher sur l’effacement de toute diversité. Et la dilution des responsabilités personnelles. Alors que l’exigence de liberté toujours plus forte conduit à une remise en cause de toute hiérarchie donc de l’autorité, ce qui peut déboucher sur l’anarchie.

Avec deux périls majeurs qui se dessinent dans ces «Désillusions de la démocratie» : une dérive identitaire et une dérive autoritaire.  

Perspectives sombres donc, d’autant que les économies libérales étroitement associées à ces démocraties sont aujourd’hui fragiles, donc plus capables de générer une croissance pour financer les exigences de «bien être matériel» toujours plus fortes et plus égalitaires. Renforcées par certaines dérives : financiarisation du système, domination de quelques géants des nouvelles technologies…

                            

 «Une éventualité raisonnable»

Mais pour cette sociologue qui a été l’élève de Bourdieu avant de s’en affranchir, le plus grave dans cette radicalisation c’est qu’elle simplifie : «En interprétant toutes les relations sociales selon la seule opposition binaire dominés-dominants, ils évacuent la complexité des relations entre les individus et entre les groupes». Alors que «la complexité permet de rendre compte de la réalité». 

Dans la foulée, elle estime que «juger le passé avec les valeurs du présent», relève de «la barbarie» en soulignant qu’on assiste aujourd’hui à un retour du religieux. Notamment aux Etats Unis où la passion éclipse la raison. Et elle cite un auteur qui ne lui pas étranger, puisque c’est son père, Raymond Aron, grand penseur du libéralisme qui déjà au milieu du siècle dernier insistait sur ces «religions séculières» qui prennent en otage le monde, c’est à dire «les doctrines qui prennent dans les âmes de nos contemporains la place de la foi évanouie et situent ici-bas dans le lointain de l’avenir, sous forme d’un ordre social à créer, le salut de l’humanité».

«La démocratie pourra-t-elle résister à ses démons ?» s’interroge celle qui a écrit une vingtaine d’ouvrages sur la démocratie en se demandant si «les démocrates sont-ils prêts à combattre» Alors que les dictatures se réjouissent de voire «les démocraties se trahir elles-mêmes» en invoquant la «décadence» et l’impuissance de cet Occident détesté non seulement par les grands pays totalitaires comme la Chine, la Russie, l’Iran… Mais aussi par les pays du Sud Global. 

 «Le risque de décomposition des sociétés démocratiques» conclut Dominique Schnapper est «une éventualité raisonnable». Ce qui, pour elle, scellerait la fin des «principes qui ont fondé l’Occident depuis le Renaissance» : «la recherche de la vérité, l’esprit critique et la liberté de penser».

Mais comme elle le rappelle au début cet ouvrage «la critique de la démocratie est née en même temps que la démocratie elle-même» pour lui reprocher au fond d’être «trop ou pas assez démocratique». Trop de liberté et pas assez d‘égalité.  

Reste la fraternité, le troisième fondement de la trilogie citoyenne. Un mot absent de cet ouvrage. Et ce sera la première question que posera Philo Décrypte à la fille de Raymond Aron qui s’est excusée de ne pas pouvoir venir à Lyon pour parler de ses désillusions. En ironisant sur son «âge invraisemblable» qui souligne son incroyable vivacité d’esprit tout en flirtant avec le siècle. Une énergie qui lui permet de défendre avec talent « le projet politique le plus humain que, malgré ses manquements, la modernité a inventé». 

Ecouter l'entretien  de Dominique Schnapper

en cliquant sur l'onglet podcast

Dominique

Schnapper

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Jean-François Colosimo, Julien Dray
et Mohamed Sifaoui

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 Guillaume Ancel  
et Didier Leschi

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Le nouveau SOS de Julien Dray

Fondateur de SOS Racisme, Julien Dray parle du courage et politique.

Le jour du refus PS de censurer

le gouvernement Bayrou.

Alors qu’il vient de publier un livre sévère sur Jean-Luc Mélenchon. Une analyse brillante, ponctuée d’anecdotes surprenantes de ce "Baron Noir"

très actif dans les coulisses

de cette gauche en crise. 

                                                     Janvier 2025

 

Narcotrafic de plus en plus violent

et de plus en plus tentaculaire

par Jean-Michel Décugis, grand reporter au Parisien, 30 ans d'enquête sur le terrain. auteur de "Tueurs à gages".

Il raconte. Des témoignages étonnants et un diagnostic inquiétant  

                                               Décembre 2024 

 

 Justice et politique

par François Falletti, ancien procureur

général de Lyon, Aix et Paris qui analyse

les relations compliquées entre ces deux univers. En évoquant le procès

de Marine Le Pen.

                                                   Novembre 2024

 

Le Hamas dans l’impasse

par Mohamed Sifaoui, journaliste et spécialiste de l’slamisme qui vient de publier un livre sur ce groupe terroriste au coeur du conflit au Proche Orient

                                                        Octobre 2024

Cinéma en coulisses

par Thierry Frémaux, Festival de Cannes et Institut Lumière, qui vient de publier

«Rue du Premier-Film», parle culture et cinéma. Très librement !

                                                   Septembre 2024

 

La dette française est-elle remboursable ?

Polytechnicien et auteur de «L’argent magique» l’économiste Jean-Marc Daniel répond à cette question tabou au coeur

du débat politique

                                                              Juin 2024

 

L’Europe peut-elle mourir ?

Prof à Sciences Po Paris, auteur du livre référence "Quel avenir pour l'Europe"

et consultant LCI, Patrick Martin Genier répond à la veille des élections européennes

                                                               Mai 2024

​​​​​​​​​​​​​​​​​​Faut-il avoir peur de l’Islam ? Scientifique, enseignant pendant des années en Algérie puis professeur à l’Ecole Centrale, Guy Stremsdoerfer chrétien engagé qui a écrit plusieurs ouvrages sur l’Islam répond

à cette question sensible.
                                                             Avril 2024
 

Faut-il privatiser

l’éducation Nationale ?

Philosophe et pédagogue, Jean-Noël Dumont, est bien placé pour répondre à cette question un peu provocatrice.

Alors qu’on s’interroge sur les faiblesses

de l’enseignement public

                                                             Mars 2024

Immigration,

entre fantasme et déni

Par Didier Leschi, directeur de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégra-tion, auteur du "Grand dérangement»

Une analyse très argumentée de la situation 

tirée de son expérience. Combinant ouverture et fermeté.

                                                         Février 2024

Terre et Guerre,

Jean-Noël Dumont, agrégé de philosophie, inaugure les séquences de Philo Décrypte

en analysant les conflits en cours au delà

des discours guerriers : Ukraine, Proche Orient…             

                                                        Janvier 2024 

   Vos commentaires et suggestions sur l'onglet contact

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Julien Dray, jeudi 16 janvier 2025 au cours de son intervention devant Philo Décrypte 

sur le courage en politique, à Lyon au Fourvière Hôtel

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